PROJET ROUGE BARRE – Faïences Camondo

Styles

La recherche stylistique est la partie la plus intime du processus de création.

Chaque projet est, pour moi comme pour mes clients, un voyage initiatique.
PROJET STARK – Faïences de douche CEVICA Puzzle

Avant les matières, avant les couleurs, avant les choix visibles, il y a un temps plus silencieux. Un temps d’écoute, d’observation, de questionnement.


C’est un moment parfois déconcertant – pour moi. Parce qu’à chaque nouveau projet, je dois accepter de laisser de côté mes évidences, mes habitudes, mes réflexes. Je me remets en question. Je doute des premières idées trop rapides.


Non par manque de certitude, mais par respect. Respect de l’histoire de mes clients, et de ce qu’ils ressentent sans toujours réussir à le formuler. Respect du lieu, aussi, qui porte déjà une mémoire.


Mon travail consiste souvent à entendre ce qui n’est pas encore clairement dit. A percevoir derrière un « j’aime bien » une émotion plus profonde. A transformer une intuition floue en direction assumée.


Ce n’est qu’à cette condition que le style cesse d’être un « copié-collé » de décoration Pinterest, seulement une façade, une étiquette sans âme.

Il devient une évidence partagée.
PROJET L’ECRIN – Contraste saisissant dans le couloir entre la rusticité conservée de la façade en brique, et la modernité des éclairages LED au plafond.

Les styles standard comme base de départ

Naturellement la recherche de style, et le discernement des goûts des clients démarre toujours par l’exploration des styles « standard », afin d’aider le client à mettre des mots sur les différents univers possibles.

Cette première approche permet surtout de briser la glace pour pouvoir aller plus loin dans l’exploration des attentes profondes.

Le style comme pont vers l’art, la culture et l’histoire.

Pour enrichir le style, je me tourne souvent vers l’art ou la culture, afin de créer des ponts vers des domaines qui peuvent toucher plus particulièrement le client.

Mais aussi, et surtout, parce que nos aînés ont été des maîtres dans l’art de décorer et c’est leur rendre hommage que de faire perdurer des idées et procédés qui ont su parvenir jusqu’à nous.

PROJET CHEZ RENE – Recherches initiales sur le style moderniste propre à l’histoire de l’entreprise
PROJET ROUGE BARRE – Création d’un décor en hommage aux salles de bains du musée Nissim de Camondo à Paris

Le style comme réponse psychologique et symbolique.

L’acte de décorer est profondément sensoriel et symbolique, en lien étroit avec la psychologie des personnes qui habitent ou traversent le lieu. Le style influence la manière dont on se tient, dont on reçoit, dont on habite.


Dans cet exemple de planche d’ambiance pour un Jardin d’Hiver, j’ai démontré que cet espace à mi-chemin entre l’intérieur et l’extérieur est aussi à la croisée des 4 éléments : l’eau, la terre, l’air et le feu, présents dans chaque élément constituant le décor, fusionnent ensemble pour recréer la nature dans un espace intemporel.

Un autre concept auquel je reviens souvent est celui des paradoxes. Pour ajouter du relief à un décor, que ce soit dans sa dimension esthétique ou symbolique, le jeu des paradoxes – ou des contraires – dans le style, l’époque ou les matières est souvent un pari réussi.

La création de détails sensoriels et de contrastes est ce qui permet de rendre un décor vivant et unique.
PROJET ROUGE BARRE – Fusion des 4 éléments pour recréer la nature dans un Jardin d’Hiver
PROJET MAASTI – Concept des paradoxes

Le style comme sublimation du lieu existant.

Je ne plaque jamais un style sur un lieu, j’écoute ce qu’il murmure.
Je me base toujours sur l’histoire du lieu, ce qu’il raconte vraiment, pour mettre en valeur ses atouts, utiliser ou sublimer ses imperfections, afin d’obtenir un résultat cohérent et inspirant.


Le style devient alors révélation plutôt qu’intervention.
PROJET ECRIN – Création d’un jacuzzi dans une ancienne écurie – mélange d’Ecuries Royales et d’ambiance Chalet.
PROJET ECRIN – Création d’un Espace TV dans l’ancienne étable

Mon propre paysage intérieur

Mes propres références sont naturellement personnelles, et je m’attache toujours à respecter en premier lieu les envies du client.

Cependant, on ne peut nier que, à l’instar du travail du psychologue avec son patient, ma propre vision affecte obligatoirement mes propositions.

Chez Antonio Gaudi, dans les tableaux de mon frère, dans les vitraux créés par ma meilleure amie, ce qui me frappe ce n’est pas l’excentricité, c’est la cohérence. La couleur y est structurante, la forme y est pensée, l’audace y est maîtrisée.


On peut casser les codes, à condition de comprendre pourquoi ils existent. On peut oser, à condition de savoir équilibrer. On peut surprendre, à condition de rester juste.


Je refuse les intérieurs plats. Je recherche des espaces qui ont du caractère, une colonne vertébrale, une intention.


Un lieu doit tenir debout sans s’excuser, il doit raconter quelquechose. Il doit provoquer une émotion qui ne s’épuise pas au premier regard.


Mon travail n’est pas d’imposer un style. Il est de trouver ce point d’équilibre fragile où la personnalité, l’architecture et la matière deviennent indissociables.


Créer un intérieur, pour moi, ce n’est pas embellir : c’est affirmer.